Réveiller l’élan missionnaire des paroisses

Bénévoles et responsables d’une équipe de quinze personnes, Béatrice et Jason mettent leur expérience de paroissiens engagés pour redonner aux chrétiens du diocèse l’envie d’être des disciples missionnaires.

Trepanier_Jason_Beatrice« C’est une mission qui nous passionne et nous a renouvelés dans notre foi. Nous avons animé 25 week-ends mais toujours avec la même joie », assurent Jason et Béatrice Trépanier. C’est bien cette joie de croire -en phase avec l’encyclique du Pape François – et cette joie de témoigner que tente d’infuser dans toutes les paroisses du diocèse l’équipe de l’École pour Servir l’Évangélisation (ESE).

Là encore, cette initiative a émergé du synode de 2011. Mgr Aumônier en a fait le décret numéro un de la lettre pastorale en conclusion du synode. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un enseignement délivré « ex cathedra » entre des murs. L’idée est de se rendre dans les paroisses pour les accompagner et leur proposer des parcours et outils adaptés à leurs réalités et en s’appuyant sur leurs forces vives et leur motivation à « aller vers ceux qui ne viennent pas ». « L’équipe, explique Béatrice, se déplace à la demande des curés ». Le but est de rebooster les paroissiens à être des disciples-missionnaires en incitant à la fois à une conversion personnelle et à une conversion communautaire.

La méthode, réfléchie au cours d’une sorte de diagnostic d’un an et demi, et inventée au fur et à mesure de la présence sur le terrain, est aujourd’hui rôdée. Le parcours se déploie sur deux-trois ans. Il comporte une première phase de sensibilisation de l’Équipe d’Animation Pastorale (EAP), du Conseil Pastoral et des responsables des services de la paroisse ainsi que des paroissiens à l’aide du Parcours « Osons la Mission » nourri des Actes des Apôtres afin de montrer que l’évangélisation, « qui peut faire peur », est en fait « toute la dynamique de l’Église depuis ses débuts ». Suit un week-end avec des personnes représentant toutes les réalités, sensibilités et groupes culturels de la paroisse.

La phase de diffusion et d’approfondissement consiste alors à élaborer un projet missionnaire pour 3 ans, quatre soirées ponctuant la démarche à l’aide d’un livret « Carnet du disciple-missionnaire ».

ESE-EQUIPE 2018-2019Avant même le lancement d’actions concrètes, ce qui est en jeu, c’est « d’unir toutes les composantes qui font une communauté en bonne santé dans une dynamique missionnaire, explique Jason ; à savoir une communauté qui prie et célèbre l’Eucharistie, annonce l’Evangile, est au service des pauvres, fait avancer la communion et permet de se former spirituellement », ajoute-t-il. Certaines équipes racontent ainsi qu’elles ne sont plus seulement dans le « faire » mais qu’elles prennent le temps de prier et de partager ensemble.

Au niveau diocésain, Béatrice entend même certains responsables de services pastoraux déclarer qu’ils « font de l’ESE ». C’est-à-dire qu’ils se situent moins dans la transmission de contenus que dans celle de la façon dont la joie de croire les a transformés.

Autant de fruits dont Jason et Béatrice sont témoins à l’échelle individuelle ! C’est parfois « moins immédiatement visible en ce qui concerne les paroisses » car tout dépend de la longévité du curé dans la paroisse et de la manière dont les paroissiens se laissent imprégner par cet état d’esprit, mais le projet missionnaire permet des décisions concrètes.

À l’heure actuelle, depuis 2013, 18 paroisses ont été accompagnées ou sont encours d’accompagnement au rythme de 3 nouvelles chaque année. La réussite du projet tient au fait qu’il touche à la fois des paroisses citadines, des paroisses en milieu populaire et d’autres en milieu rural.

Chantal Joly

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