Le Père Spinosa veille sur Notre-Dame de la Garde

Depuis 1854, Notre Dame de la Garde est la sentinelle des fidèles marseillais et des visiteurs de passage. Nous avons rencontré celui qui veille sur elle, le Père Olivier Spinosa, recteur de la basilique depuis deux ans.

Le P. Spinosa (3ème en partant de la g.), Mgr Pontier et les chapelains

Le P. Spinosa (3ème en partant de la g.), Mgr Pontier et les chapelains

Entouré de sept chapelains et d’une dizaine de bénévoles, il assure une mission pastorale, en veillant à ce que l’annonce de l’Évangile reste prioritaire. Etre recteur d’un sanctuaire qui accueille 2 millions de pèlerins et de touristes par an, c’est mettre « de l’huile dans les rouages ». Le Père Spinosa souligne qu’il fait partie de l’association des recteurs de sanctuaires, qui se réunissent chaque année pour décider des orientations pastorales et patrimoniales qui permettent de maintenir le sens spirituel des sanctuaires. La comparaison avec Notre Dame de Fourvière est évidente : un sanctuaire de ville, en hauteur, où est ancrée une très forte dévotion mariale.

Trois messes et un chapelet sont donnés chaque jour à Notre Dame de la Garde. L’offre liturgique est renforcée le dimanche puisqu’une messe est donnée chaque heure, en plus des vêpres et de l’adoration du Saint Sacrement, dans un « ballet des prêtres et des célébrations qui est très beau à vivre ». Le Père Spinosa insiste sur la dimension essentielle de l’écoute des fidèles marseillais, qui peuvent tous les jours de l’année trouver un prêtre qui les accueille.

Notre Dame de la Garde, par sa position géographique, est un symbole de la hauteur que ceux qui viennent s’y recueillir souhaitent prendre. En montant sur ce piton calcaire à 150 mètres de hauteur, les marseillais trouvent un moyen de se retirer des turbulences de leur ville et de leur vie. C’est un lieu de silence, de ressourcement, d’élévation, qui incarne les références bibliques à la montagne : oraison du Carmel, le Mont Thabor, pour ne citer qu’elles. « On en repart différent, changé », souligne le Père Spinosa. 

Le calme habituel du sanctuaire est cependant quelque peu troublé à l’approche du 15 août, quand la fête mariale fait vivre le diocèse plus fort. La procession aux flambeaux suivie de la messe réunissent beaucoup de personnes différentes, des paroissiens aux pratiquants irréguliers, mais qui ont en commun une piété très ancrée. Le symbole de la hauteur est fort, on « monte à la Vierge », qui elle-même monte au ciel. L’attachement des latins, particulièrement des marseillais, à la figure de la mère, est viscéral. Cela explique la très grande dévotion à la Vierge Marie.

Autre temps fort de l’année, la fête de l’Annonciation, qui voit des centaines de Corses du continent monter en pèlerinage et assister à une messe en langue corse. En important le culte rendu à Notre Dame de Lavasina, principal lieu de pèlerinage de l’île, le diocèse de Marseille renforce ses liens avec le diocèse d’Ajaccio et permet aux nombreux corses continentaux de se sentir à Marseille « comme à la maison ». Le Père Spinosa a d’ailleurs dédié une des chapelles de la basilique de la Garde à Notre Dame de Lavasina.

Ici, pas d’apparitions mais beaucoup de miracles. À l’origine du sanctuaire, la dévotion d’un homme, « Maître P. », qui a érigé une chapelle au XIIIème siècle, entourée d’un fort sous François Ier. Depuis, la « Bonne Mère », expression qu’on doit aux oblats réguliers à la fin du XVIIIème siècle, veille sur tous ses enfants. Les gendarmes s’y réunissent à la Sainte Geneviève, les supporters de l’OM viennent la prier avant les matchs, les familles lui présenter leurs nouveaux-nés, les plus pauvres y trouver un accueil réconfortant, les marins entrent et sortent du port sous son regard. À chaque 1er janvier, 3000 à 4000 personnes viennent lui confier l’année. De grandes figures de saints sont passées à Notre Dame de la Garde notamment Charles de Foucauld qui y a célébré la messe, un jeune prêtre du nom de Karol Wojtyla en 1957, ainsi que Thérèse de Lisieux et Elisabeth de la Trinité

Parmi ses projets pour le sanctuaire, le Père Spinosa souhaite remettre en marche la tradition des pèlerinages des communiants et des confirmands du diocèse. « Les sanctuaires sont aussi des lieux d’initiation chrétienne », conclut le Père.

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