L’enseignement catholique en Vendée : un réseau hors du commun

L’implantation des établissements scolaires de l’enseignement catholique est, au sein du diocèse de Luçon, sans commune mesure avec les autres diocèses en France. Héritier de l’Histoire, ce réseau s’inscrit dans une belle dynamique qui se poursuit et se développe. Par Florence de Maistre.

Enseignement catholique de Vendée« En Vendée, plus d’un élève sur deux est scolarisé dans l’enseignement catholique », annonce Christophe Geffard, directeur diocésain, délégué épiscopal à l’enseignement catholique. Un chiffre qui passe à 75 % le nombre de jeunes qui ont été à un moment donné dans le réseau diocésain au regard des parcours scolaires complets. Avec ses 218 écoles, 30 collèges et 12 lycées, l’enseignement catholique en Vendée rassemble environ 66 000 élèves. Le réseau des écoles est particulièrement dense et présent en milieu rural. Une cinquantaine de villages n’a pas d’autres écoles que l’école catholique. « Nous sommes héritiers d’un passé qui prend ses racines dans les guerres de Vendée et la révolution française. Le réseau s’est ensuite développé avec les missionnaires, les prêtres, religieux et religieuses qui se sont engagés au service de l’éducation. Le diocèse a été pionnier en ce domaine. Notre maillage très fort résulte de la volonté d’être au plus près des populations », poursuit le directeur diocésain.

Autre caractéristique atypique : l’enseignement catholique vendéen n’a qu’une seule tutelle, diocésaine. Il ne compte pas d’établissement sous tutelle congréganiste. De plus, les chefs d’établissement sont tous salariés de l’Udogec (Union départementale des organismes de gestion de l’enseignement catholique). Dans les autres diocèses, ce lien contractuel est d’ordinaire signé avec l’Ogec local de l’établissement. Ainsi, un fort esprit de mutualisation et de solidarité encourage les relations entre les établissements. Ce qui permet notamment une politique commune de travaux, de mise en conformité, voire de reconstruction pour certaines toutes petites écoles et conforte la présence de l’enseignement catholique sur l’ensemble du diocèse. Du côté de l’enseignement supérieur, les lycées proposent une diversité de BTS et de licences professionnelles. À la Roche-sur-Yon, l’Institut catholique d’études supérieures (l’Ices), compte 1200 étudiants. Il est placé sous la responsabilité directe de l’évêque de Luçon. « L’Institut a un véritable rayonnement intellectuel. Il offre une continuité de parcours à l’intérieur de l’Église, c’est important », souligne Christophe Geffard.

Tisser des relations de confiance

Au-delà des chiffres, la qualité remarquable de l’accueil, la considération de l’élève quel qu’il soit et tout au long de son parcours est plébiscitée par les familles. « Notre projet attire de nombreuses populations, y compris les nouveaux arrivants en Vendée qui ne connaissent pas notre Histoire. Ainsi, quels que soient les aléas démographiques, nous conservons notre poids. C’est grâce à l’engagement de nos équipes, à leur grande mobilisation, et à l’importance des associations de parents d’élève. C’est une force dans nos relations avec les institutions, les services de l’État, les communes, etc. Nous menons un véritable travail de longue haleine de concertation et de partenariat : c’est fondamental ! », explique Christophe Geffard. Promulgué en 2009, le projet éducatif de l’enseignement catholique en Vendée conserve toute son actualité. Il s’articule autour de quatre axes : être attentifs à chaque personne, être lieux d’éducation et de vie, vivre en réseaux solidaires, être ouverts sur le monde. Chaque établissement s’y réfère pour formuler son propre projet, en s’inscrivant dans une véritable continuité éducative à la suite des parents, premiers éducateurs. Une mise en avant qui correspond bien à leurs attentes.

Construire l’avenir

« Horizon 2030 ». Cet intitulé fait référence à la réflexion et à la prospective initiées par l’ensemble des chefs d’établissement dès avril 2016. Il s’agit d’imaginer l’avenir et de définir les grandes orientations à prendre. « Nous sommes au tout début de la démarche. Nous avons identifié trois axes de travail. Le premier autour de la diversification de nos ressources et le développement de l’appel au mécénat. Le deuxième concerne la formation des personnels enseignants et des bénévoles des Ogec, des Apel, etc. Le troisième est d’ordre pédagogique. Nous venons de lancer un laboratoire d’initiatives », indique le directeur diocésain. L’an dernier, la rencontre annuelle des chefs d’établissement s’est justement tenu sur ce fameux travail en réseau ou comment améliorer les liens entre école et collège, mutualiser aussi les ressources humaines, pédagogiques et matérielles. Le tout concrètement et durablement. Les écoles se sont également retrouvées au cours d’une journée pour partager leurs pratiques de la pédagogie Montessori.

Parmi les grands projets à venir, la délocalisation de la structure Saint-François d’Assise à La Roche-sur-Yon, qui comprend un lycée général et technologique ainsi qu’un lycée professionnel pour un coût de 55 millions d’euros devrait être effective d’ici 2020. À noter aussi l’implantation prévue en 2021 d’un nouveau collège au sud de Montaigu pour un coût de 7 millions d’euros. Autant de témoignages de la vitalité de l’enseignement catholique en Vendée. « Nous bénéficions d’un tissu d’entreprises bienveillantes à notre égard. Un mécène, capitaine d’industrie, a récemment fait don de 2,2 millions d’euros pour un collège de proximité : c’est presque miraculeux ! », sourit le directeur diocésain.

Lors de sa toute première rencontre avec le nouvel évêque de Luçon, Mgr François Jacolin, Christophe Geffard a tenu à rappeler que l’enseignement catholique est une chance pour l’Église diocésaine. D’insister encore : « Comme il est écrit dans notre projet pédagogique, nous participons de notre place à l’évangélisation et la ré-évangélisation de notre territoire de la Vendée. Pour reprendre les mots de Sainte Bernadette, nous ne sommes pas chargés de faire croire, mais d’annoncer ! ».

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