Avec « le 900ème », le renouveau du tourisme spirituel

Rencontre avec Sylvain Ginier, coordinateur général de l’association du 900ème anniversaire de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors depuis septembre 2018. Il nous raconte les enjeux touristiques que revêtent les neuf mois de célébration du jubilé de la cathédrale.

bandeau 900eme cahors

9 siècles en 9 événements

Jusqu’au 8 décembre 2019, Cahors célèbre les 900 ans de sa cathédrale. Plus de 60 manifestations sont organisées. Si certaines d’entre elles revêtent une dimension tout particulièrement spirituelle, d’autres ont été montées pour reconstituer les neuf siècles qu’ont vus passer la cathédrale et ses deux coupoles noires.  Sylvain Ginier nous résume ces neuf temps forts :

  • 8 et 9 juin : des représentants des corps de métiers bâtisseurs expliqueront aux visiteurs le chantier de la cathédrale cadurcienne au XIIème siècle,
  • 20 juin : marché aux épices pour rappeler que Cahors au XIIIème siècle était un carrefour des routes orientales et européennes,
  • 4 juillet : une représentation de la Divine Comédie de Dante fera revivre Jean XXII, évêque de Cahors élu Pape au XIVème siècle,
  • 18 juillet : démonstrations de l’art du combat au XVème siècle et dégustations de bières et de vins qui ont réconcilié Français et Anglais après la Guerre de Cent Ans !
  • 1er août : lectures de textes d’auteurs cadurciens dont Clément Marot, célèbre poète du XVIème siècle
  • 14 août : les corps de métiers de l’ébénisterie viendront expliquer les techniques utilisées pour rénover les portes sculptées monumentales dont celles de la cathédrale Saint-Étienne,
  • 29 août : parade napoléonienne et soirée costumée
  • 14 septembre : hommage aux artistes musicaux qui ont sillonné le Lot au XXème siècle
  • 26, 27 et 28 septembre : spectacle de lumière dans toute la cité
  • L’intégralité de l’agenda des manifestations est à retrouver sur www.leneufcentieme.fr. En un mot, les cadurciens vont passer une très belle année !

La délicatesse de la collaboration

Sylvain Ginier se décrit lui-même comme un amoureux de sa cité, dont la cathédrale fait inconditionnellement partie.  Il œuvre pour que l’intérêt commun porte ces neuf mois de jubilé, en veillant à ce que l’évènement reste fédérateur et non pas clivant. Pour cela, il tient à ce que tous les acteurs, spirituels, économiques et publics, s’emparent de l’aventure et la fassent vivre.
Tout la délicatesse et la force de l’évènement est de faire rentrer en collaboration l’État, propriétaire patrimonial qui assure le maintien du lieu dans l’état dans lequel il a été construit, et l’Église qui en assure l’animation spirituelle. « Par exemple, chose inédite, lors de la soirée de lancement, les bancs étaient tournés vers le nord et non vers le chœur, » explique Sylvain Ginier.

Les acteurs publics et les associations touristiques et commerçantes ont très rapidement compris l’intérêt économique de l’évènement. Sylvain insiste sur le fait que l’opération doit venir d’en bas, c’est-à-dire en demandant aux commerçants, hôteliers et artisans locaux ce qu’ils veulent faire pour participer. Un bel exemple de collaboration locale qui assure le rayonnement de la ville.
De la même manière, pour faire connaitre l’évènement, l’association du 900ème a compté sur le dynamisme du tissu local et la viralité des réseaux, aussi bien paroissiaux que commerçants.  Sylvain Ginier le rappelle, « c’est avant tout une aventure humaine, c’est-à-dire une rencontre d’intérêts malgré des cultures différentes. » Et d’ajouter en riant que la cathédrale, debout depuis 900 années, survivra aux mésententes d’ici-bas !

Derrière la communion spirituelle, l’enjeu touristique

En expert du tourisme local, il a compris que la cathédrale de Cahors et la chapelle qui abritera la Sainte Coiffe à partir de juin 2019 se visitent aussi bien comme lieu patrimonial que comme lieu sacré.  Et qu’il y a urgence à installer la ville au même niveau que les villes européennes détentrices de reliques de la Passion. « 2033, le millénaire de la mort du Christ, arrive très bientôt ! Il a un véritable marché à remplir avec les pèlerins sud-américains, africains et asiatiques. Et également du côté des fidèles russes, pour qui les reliques sont des objets de piété très importants ». Il en va du rayonnement à la fois de la ville et du diocèse de Cahors.
Comment relancer la pitié populaire en France alors que l’attrait pour la vénération a tendance à baisser, par rapport à la tradition ibérique, russe ou sud-américaine ? Sylvain Ginier propose de fédérer les diocèses et mettre en réseau les villes reliquaires pour proposer un mouvement pèlerin européen, où chaque acteur trouve sa place et propose ce qu’il a envie de proposer.

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