Les premiers pas du jumelage avec la paroisse de Coubalan au Sénégal

Nous nous sommes glissés parmi la trentaine de paroissiens du Sacré Cœur de Cahors qui a répondu à l’invitation du père Luc Danjean et de Gérard Lamartinière à une soirée de présentation et d’échanges autour de ce dispositif fraternel. Puis nous avons recueilli les propos de Suzanne Lamartinière, membre du comité d’une dizaine de personnes en charge du partenariat.

Coubalan, Ziguinchor, Casamance…qu’est-ce que c’est ?

coubalan danjeanJeudi 28 mars, résonnent en l’Église du Sacré Cœur de Cahors des sons de louanges sénégalais. Devant une trentaine de paroissiens, le Père Luc Danjean, en charge de la pastorale missionnaire, et Gérard Lamartinière, membre du comité d’animation du partenariat, font le récit des quelques jours qu’ils ont passés à Coubalan en janvier dernier pour assister à la signature de la convention de partenariat entre la paroisse de Cahors et la Paroisse Saint Joseph Ouvrier de Coubalan au Sénégal.

Le Père Danjean donne d’abord quelques éléments de contexte : Coubalan est une ville de la province de Zinguinchor, elle-même située en Casamance, une région un peu à part, sous l’enclave que forme la Gambie au Sénégal. Les richesses naturelles de cette luxuriante région rizicole alimentent des courants indépendantistes qui fragilisent la stabilité politique depuis une trentaine d’années. Si 90% de la population sénégalaise est musulmane, l’influence des chrétiens rayonne dans tout le sud du pays. Un fort réseau de clercs maintient l’Église et le tissu local dont de nombreux dispensaires et écoles. Le Père Luc Danjean insiste d’une part sur les liens fraternels qui unissent chrétiens et musulmans au sein même des villages, d’autre part sur la festivité qui anime ces paroisses : les presbytères sont des lieux de vie et de rencontres, les kermesses durent plusieurs jours et des milliers de personnes s’y pressent. La paroisse Saint Joseph Ouvrier de Coubalan a été créée en 2002 et est portée par le dynamisme même de la jeunesse de sa population et par la présence très active du mouvement des femmes catholiques.

« S’enrichir de nos différences »

La signature de la convention concrétise un partenariat de longue date, puisque depuis plusieurs années, le diocèse de Cahors reçoit l’aide précieuse de prêtres sénégalais qui viennent renforcer les effectifs estivaux du diocèse cadurcien : le Père Serge Sambou à Figeac, le Père Marius Manga, et le Père Blaise NGandoul à Cahors. « Une grande chance pour nous ! » nous confiera plus tard Suzanne Lamartinière qui se demande si les prêtres sénégalais ont pris conscience du cadeau qu’ils offrent par leur présence en France.

Le désir d’élargir ce lien en le transformant en jumelage paroissial n’est pas une aspiration humanitaire. Il s’agit de rencontrer une autre paroisse, d’autres frères en Église et faire l’expérience de la communion spirituelle universelle : « L’Évangile nous invite à lier nos chemins », rappelle le Père Danjean. Pour réussir un jumelage paroissial, poursuit-il, il faut instaurer un rapport d’égalité au nom du Christ célébré ici et là-bas. Les différences de culture sont pleines de promesses, d’attentes, de voiles à lever. Il faudra donc, autant du côté français que du côté sénégalais, consentir à la différence culturelle, en acceptant les choses telles qu’elles se donnent à voir. Pour cela, le plus simple, « c’est de partir de ce qu’on a en commun », conclut en souriant le Père Danjean.

« Venez donner corps au jumelage ! »

Puisque c’est un jumelage d’églises, l’implication des paroissiens est très importante aux yeux de l’équipe d’animation. Gérard Lamartinière qui en est un des membres actifs, conclut donc cette soirée du 28 mars en demandant aux paroissiens cadurciens de réfléchir à ce qu’ils peuvent apporter au-delà de participations financières ou matérielles qui feraient retomber ce jumelage dans un rapport Nord/sud. « On ne veut pas voir le Sénégal que par ses manques ! » dit nous confie Suzanne. « Il a une forme de gratuité très importante, parce que ce jumelage ne doit pas impliquer forcément d’applications concrètes. »

On a justement demandé à cette dernière les axes qui vont être développés pour ce partenariat naissant. La phase d’écoute et d’observation est primordiale pour découvrir des réalités humaines différentes des nôtres malgré une foi commune. Parmi les questions que pose cette rencontre entre deux paroisses sœurs : Qu’est ce qui a été saisi, compris là-bas, comment l’ont-ils incarné ? Comment entretiennent-ils la dimension familiale de l’Église et comment le faisons-nous ici ? Comment vivent-ils la catéchèse et comment la vivons-nous ici ?

D’autres nombreuses réflexions vont jaillir de cette rencontre, notamment à propos de la migration en aidant les Français autant que les Sénégalais à poser un regard juste sur les réalités migratoires, à propos également de l’écologie en accueillant leur degré d’avancement économique et écologique différent du nôtre.

Suzanne Lamartinière explique concrètement que la rencontre pourrait s’opérer à des niveaux de collaboration différents, qui ouvriraient la porte à toutes les formes d’accueil de l’autre : deux jeunes qui correspondent, deux agriculteurs qui s’envoient des vidéos, deux familles ou deux artisans qui s’accueillent. « Le but de notre paroisse élargie est de permettre à des choses simples de prendre forme. »

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