Suzanne Lamartinière, responsable catéchèse : « Qu’est-ce qui met la personne en route ? »

Suzanne Lamartinière, responsable de la catéchèse du diocèse de Cahors depuis septembre, nous parle de ses premières impressions et de ce qu’elle souhaite pour la centaine de catéchistes du diocèse.

Faire vivre le sacrement comme un chemin, et non un terminus

Rocamadour-rassemblement-caté cahorsDu 22 au 25 avril, Suzanne et une vingtaine d’adultes emmènent en pèlerinage diocésain à Lourdes 55 enfants, enseignement public et catholique confondus. La plupart de ces enfants ne connaît pas Lourdes et se réjouit de découvrir le parcours Bernadette. Ils auront également la chance de côtoyer leurs aînés en pèlerinage diocésain hospitalier et de recueillir auprès de ces derniers des témoignages d’engagement au service des plus fragiles. Ce rassemblement leur montrera qu’ils ne sont pas seuls à vivre à leur foi et que l’engagement peut prendre de multiples formes.

Dans cette organisation bien huilée depuis une quarantaine d’année, Suzanne s’est permise d’introduire une nouveauté, un temps d’échange privilégié entre les enfants qui préparent un sacrement et Monseigneur Camiade, évêque de Cahors, qui témoignera de sa propre vie baptismale. Pour ces enfants à qui la notion de vie consacrée est souvent étrangère, cet échange permet de ne plus voir les sacrements qu’ils s’apprêtent à recevoir comme une finalité, mais des pavés sur leur chemin de baptisés. « On pose des choses invisibles en eux, pour leur avenir. », dit Suzanne Lamartinière.

La rencontre entre les enfants et le Père évêque n’est pas la seule idée de Suzanne ; son prochain projet est d’impliquer à l’avance les enfants dans la préparation de leur voyage spirituel, ainsi que leurs familles et les adultes accompagnants. Pour passer d’une catéchèse de consommateurs à une catéchèse inclusive, pour « être avec, et non donner prémâché », nous dit Suzanne en riant.

Les catéchistes rayonnent de la force de ce qui les a mis en chemin, il faut prendre soin d’eux

Le glissement de consommateur à acteur de sa foi nous amène à une vision plus large, celle du passage de la question « Comment faire les choses ? » à celle de « Pourquoi faire les choses ? ». Suzanne Lamartinière insiste sur la recherche profonde de ce qui met la personne en route : « La question du sens doit être le moteur de l’action. Une fois que la personne a saisi ce qui l’anime, tout le reste déroule. La réponse au « pourquoi » lève les énergies en chaque personne. »Lamartiniere

« Je m’assèche si je ne me nourris pas de ma mission de catéchiste. » Suzanne souhaite faire regoûter à ses catéchistes la joie de ce qui les a mis en mouvement.

Dans ces temps de troubles pour l’Église catholique, où trouver l’énergie pour continuer la route, si nous ne sommes ne savons pas ce qui nous a mis dessus ? Une réflexion avec laquelle elle compte alimenter l’accueil et l’implication de la centaine de catéchistes du diocèse, avant même de s’intéresser aux techniques d’apprentissage et de transmission du savoir catéchétique, ou au recrutement des enfants. Comme une réparatrice des âmes abîmées des catéchistes, elle a débuté sa prise de fonction par une série de visites dans les paroisses pour saisir ce qui poussent ces personnes à être catéchistes et leur proposer une écoute et un accompagnement dans leurs difficultés. Elle peut compter sur l’appui de l’évêque, « le premier catéchiste de son diocèse », qui, en réservant régulièrement aux équipes de catéchèse de précieux temps d’échanges, les fait se sentir reconnues dans leur mission.

La dimension collective de la vie de foi est un des autres axes que Suzanne Lamartinière souhaite développer, afin de faire comprendre aux catéchistes et aux enfants qu’ils ne sont pas seuls à vivre leur foi et que celle-ci dépasse les frontières de leurs paroisses respectives. Seront donc proposées des journées rassemblant les quatre doyennés, puis des journées de rencontres à l’échelle diocésaine. La transversalité des interrogations et la mutualisation des énergies sont vitales dans un diocèse rural.

La personne handicapée, enjeu pastoral et invitation intérieure

Suzanne souhaite également faire grandir la catéchèse auprès des personnes handicapées, en insistant sur la délicatesse qui doit sous-tendre ces rencontres entre catéchistes et personnes en souffrance physique : « Je ne dois pas juste apporter de l’aide ou un savoir, je suis d’abord invitée à poser un regard différent sur ces personnes ». Les personnes handicapées sont un trésor et une invitation à découvrir la richesse qui se trouve en chacun d’elles. En nous faisant entrer dans le mystère de ces personnes, Dieu nous en fait sortir plus grands.

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