Marie, familière de Taizé

De Mâcon, on est à 33 kilomètres de Taizé. Et pourtant, Marie Bouteloup raconte que c’est « en s’éloignant géographiquement » qu’elle a « redécouvert » ce lieu où elle s’était rendue plus jeune à l’occasion de rencontres d’aumôneries de lycée. Rencontre.

MarieÀ Lyon où elle a suivi ses études de psychomotricienne, Marie était installée en colocation au sein d’ALIVE (Vivant), la Pastorale des Jeunes de Villeurbanne. C’est là qu’elle a rencontré « beaucoup de fans de la communauté qui passaient leurs étés » sur la colline bourguignonne. Par ailleurs responsable de l’animation musicale des messes, la jeune étudiante, qui joue de la flûte traversière, a pu profiter durant cette période de la prière de Taizé le vendredi soir, proposée par ALIVE. Or « les chants de Taizé, explique-t-elle, m’aident beaucoup dans ma prière  personnelle ».

À Lyon, Marie a également vécu une expérience enrichissante pour sa foi de colocation avec des protestants évangéliques, goûtant à la joie de mieux découvrir la Bible. Cette sensibilité à l’œcuménisme lui a rendu encore plus proche la proposition des frères de Taizé, le fait, dit-elle « qu’on puisse trouver un terrain d’entente ». Outre plusieurs week-ends prolongés, « après des partiels ou des périodes compliquées » où elle allait se ressourcer dans ce lieu dont elle apprécie « la sobriété et la simplicité », – plutôt en hiver ! -, Marie a participé déjà à deux Rencontres européennes de fin d’année. La première fois, à Strasbourg en 2013, elle a ressenti un vrai « coup de cœur », trouvant « fabuleuse » la veillée durant laquelle les 30.000 jeunes ont répandu la lumière des bougies. Puis à Bâle, en 2017, avec ses deux frères qu’elle avait invités, elle a apprécié les rencontres avec les autres jeunes d’autres pays au sein de sa paroisse d’accueil et particulièrement pu profiter du contexte de ces rencontres européennes pour échanger avec ses amis sur des sujets de foi et des problématiques profondes. « Ces discussions, assure-t-elle, m’ont beaucoup apporté pour la suite de mon année ».

Réfléchir à l’essentiel

Autant, lors des JMJ qu’elle a vécues à Madrid en 2011 puis à Cracovie en 2016, Marie témoigne avoir apprécié le côté « festival, euphorique, l’énergie », autant elle réalise que la proposition de Taizé, davantage « dans l’intériorité et la douceur, lui correspond mieux ». Après avoir été très engagée dans son diocèse au travers notamment l’animation des camps de jeunes à Lourdes du pèlerinage diocésain, Marie se retrouve à une période de transition. À 23 ans, en poste depuis un an en Côte-d’Or, habitant Dijon, elle explique « chercher des groupes d’Église dans lequel elle se sente bien ».

vitrail Taizé TransfigurationAu mois d’août dernier, elle est partie dix jours en Terre Sainte avec des étudiants et des jeunes Pros de son ancien diocèse et Taizé a fait partie d’une étape d’une journée au cours d’une marche avec des amis. Pour cette toute jeune professionnelle en quête de personnes et de lieux où réfléchir à l’essentiel et s’arracher à la course « d’un quotidien très chargé », les permanents et l’église de la Réconciliation sont d’un grand recours. « Je suis, confie-t-elle, transportée à chaque fois au moment de la veillée, par ce fait de prier ensemble et en même temps, et malgré la foule, de réussir à faire silence. Je ressens alors quelque chose qui dépasse notre dimension humaine ».

Chantal Joly

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