Scouts et Guides de France : des camps nature et environnement pour lutter contre les incendies de forêt

« Nature-Environnement » est un projet des Scouts et Guides de France (SGDF) qui propose à des jeunes de participer à des actions de protection de la forêt méditerranéenne. Pendant la période estivale, environ 750 jeunes de 14 à 17 ans se relaient pour surveiller la région de Marseille et prêter main-forte aux marins-pompiers. Rencontre avec Antoine Lorang, responsable national Nature-Environnement des Scouts et Guides de France depuis 2017. Interview.

Qu’est-ce que les camps Nature-Environnement des Scouts et Guides de France ?

19 juillet 2009: Mission de surveillance des forêts avec les Pionniers, Caravelles et Compagnons (Scouts et Guides de France) de Marseille à Luminy (13), France.

« Nature-Environnement » est la continuité d’un projet lancé il y a quarante ans. En août 1979, un incendie a ravagé le littoral méditerranéen (Bouches-du-Rhône). 2 000 jeunes ont participé à une opération nettoyage et reboisage des Calanques en novembre 1979. Un an après, pour éviter une nouvelle catastrophe, les Scouts et Guides de France (SGDF) ont commencé à organiser chaque été des camps de surveillance de la forêt pour aider à la protection des massifs forestiers méditerranéens. Nous sommes intégrés au dispositif préfectoral de « Défense de la forêt contre les incendies » (DFCI) et sommes inscrits en tant que partenaires au même titre que le Bataillon des marins-pompiers de Marseille, l’Office National des Forêts (ONF), le Parc National des Calanques ou les collectivités locales.

Combien de jeunes participent à cette édition 2019 ? Quel est l’objectif de ces camps de protection de la forêt ?

En 2019, 750 jeunes (Pionniers, Caravelles) et responsables se relaient pendant deux mois, à Luminy (Marseille), à Saint-Julien-les-Martigues. C’est à la fois une action d’éducation à la citoyenneté, une action de services à la communauté et une action auprès de la nature. L’objectif est de permettre aux jeunes scouts de venir avec leurs groupes deux semaines pour surveiller, prévenir et sensibiliser aux risques incendies. L’équipe vigie doit prévenir les pompiers de départs éventuels de feux. Les patrouilles de prévention, quant à elles, préviennent les locaux, les usagers et les touristes des dangers des feux de forêts ou des bons gestes et comportements à adopter aux abords des forêts.

Au-delà des camps de la protection de la forêt, votre but est aussi de faire vivre des camps scouts….  

 En effet, nous avons mis en place une pédagogie propre à leur tranche d’âge. Nous avons des propositions d’animations spirituelles et des célébrations avec la venue d’aumôniers tout au long de l’été.

Ces camps attirent de plus en plus de volontaires internationaux et d’autres confessions. D’où viennent-ils ?

Les camps attirent des jeunes Scouts et Guides de France de toute la France et de milieux sociologiques différents. Mais ils attirent aussi des jeunes volontaires internationaux. Nous avons reçu les étés précédents des unités de pays européens de Belgique, d’Allemagne, du Portugal ou d’Algérie. Ce sont des associations membres de mouvements de scoutisme. Par ailleurs, nous accueillons des jeunes d’autres obédiences comme des scouts protestants en 2018.

Comment s’organisent les patrouilles ?

19 juillet 2009: Mission de surveillance des forêts avec les Pionniers, Caravelles et Compagnons (Scouts et Guides de France) de Marseille à Luminy (13), France.

La préfecture des Bouches-du-Rhône émet des bulletins météorologiques et édite une carte d’alerte incendie quotidienne. Une échelle de couleur réglemente le risque de feu de forêts et délimite l’accès aux massifs. Par exemple, en risque rouge, les randonneurs n’ont pas le droit d’entrer car le risque incendie est trop important. En cas de danger, les jeunes scouts se postent aux entrées des massifs pour bloquer l’accès et informer les usagers de la règlementation et des risques qu’ils encourent. L’été 2018-2019 a été chargé en termes de départs de feux mais nous n’avons pas eu de gros incendies. La sécheresse est très forte cette année. Nous avons eu de forts coups de mistral. Le vent a un effet de risques exponentiels. Depuis quelques années, l’été a tendance à se prolonger en septembre voire en octobre. Le risque incendies est poussé plus tard dans la saison.

Les jeunes Scouts et Guide de France sont-ils déjà sensibilisés à l’écologie avant leur arrivée sur les camps d’été ?

La question écologique est au cœur de nos actions. La vie dans la nature est même l’un des piliers du scoutisme. C’est dans notre ADN de sensibiliser les jeunes à la nature et à l’écologie. Depuis trois ans, nous leur transmettons des éléments de formation avant leur venue dans les camps via du « e-learning ». Sur place, ils reçoivent une formation dispensés par les bénévoles qui les forment aux missions de la protection de la forêt (utilisation de jumelles, radios et boussoles). Ils échangent avec les sapeurs-pompiers ou les gardes-forestiers, ce qui permet de les sensibiliser à l’écologie et à la biodiversité. Pourquoi est-il est important de protéger les forêts dans le sud de la France ? Quelle importance les forêts en termes de biodiversité et de protection des sols ?

En quoi est-il important qu’ils adoptent des gestes éco-citoyens ?

Nous espérons qu’ils deviendront des ambassadeurs de l’écocitoyenneté auprès de leurs familles et amis. Ces camps Nature-Environnement créent également des vocations puisque certains scouts ont envie de travailler dans le domaine forestier ou la défense de l’environnement. D’autres deviennent pompiers.

Est-ce pour cette raison que vous avez mis en place dès 2016 des patrouilles à vélo sur les camps ?

Dans une démarche : « Halp, habiter autrement la planète », nous souhaitons réduire l’empreinte carbone des activités des Scouts et Guides de France. Nous n‘avons plus de véhicules moteur depuis 2018 pour parcourir les garrigues et les calanques mais uniquement des patrouilles pédestres ou cyclistes comme moyen de locomotion.

Outre la mission de vigie, les Scouts et Guides de France participent-ils à des actions de restauration, débroussaillage et nettoyage d’espaces naturels sinistrés ?

Dans les pratiques d’après-incendie, la politique est de laisser la nature reprendre ses droits. Cela peut prendre plusieurs dizaine d’années pour qu’une forêt soit complètement reconstruite. Mais nous n’intervenons que sur des travaux de restauration naturelle.

Quelles autres actions de sensibilisation à la nature avez-vous mis en place ?

Depuis 2018, les jeunes participent aussi à l’opération « deuxième sac ». Ils ramènent des déchets qu’ils ont trouvés lors de leurs patrouilles. Ce qui correspond à plusieurs centaines de litres. Par ailleurs, une fois par semaine, un jeune scout accompagne sur une matinée un garde-forestier de l’Office national des forêts pour nettoyer ensemble les calanques.

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