Retour sur l’Assemblée plénière avec Mgr Podvin

Porte-parole des évêques de France, Mgr Bernard Podvin revient sur trois grands thèmes abordés par l’épiscopat pendant l’Assemblée plénière d’automne (Lourdes, 5-10 novembre 2013) : la suite de la démarche « Diaconia 2013 », l’Europe et les Chrétiens d’Orient.
 

Après l’« effet Pape François », peut-on parler d’un « effet Mgr Pontier » ?

Mgr Bernard Podvin

L’effet Pape François vaut d’être souligné par la beauté de sa lettre, très ajustée au contenu de la rencontre des évêques de France à Lourdes. Il les invite à préparer des prêtres qui soient des hommes de foi et de proximité. Il se réjouit que le travail avec les plus précaires continue, comme fruits de Diaconia. Enfin, il salue l’ouverture à d’autres réalités que celles de la France. « L’effet François » est présent dans l’élan de la pastorale, comme une bénédiction. Avec humilité, Mgr Pontier n’aimerait pas qu’on parle d’un « effet Pontier ». Le nouveau Président de la Conférence des évêques de France a le souci d’être serviteur. Il ne cherche pas à s’imposer. Sa personnalité est celle d’un homme d’écoute et d’attention à chacun. Sa présidence encourage le travail d’équipe. On notera sa volonté de tisser l’Evangile et l’engagement du baptisé dans la société. On l’a vu dans ses discours et dans son souci d’aller à l’essentiel quand il intervient. Evêque de Digne, de la Rochelle et Saintes, puis archevêque de Marseille, il suit un chemin fidèle à sa foi. Tous témoignent qu’il n’a pas pris la grosse tête ! Il a le souci de comprendre les réalités et de dire les choses avec détermination mais dans un style qui n’est pas frontal.
 

Après la démarche « Diaconia », les évêques appellent à vivre la diaconie ?

Tout le monde est très heureux du rassemblement « Diaconia » comme la montée d’un travail, d’une prise de conscience, long ouvrage de plusieurs années. C’est aussi le signe que l’Eglise en France a une très belle expérience de la solidarité. On n’aurait jamais pu vivre une telle démarche sans une culture de la solidarité dans notre pays. Comme au niveau national s’est vécu ce temps de grâce, le souci des évêques est de l’inscrire là où cela manque et qu’elle soit revivifiée là où elle existe déjà, dans leur diocèse, au plus près des paroisses, chez les chrétiens qui n’ont pas encore compris que cela les concerne. Je crois que c’est envers eux que l’effort doit être accompli. Les experts et les militants de la solidarité en sont déjà convaincus. Reste à franchir le cap d’une synergie entre tous ceux qui, dans un diocèse, sur un secteur pastoral, au sein d’une Eglise particulière, peuvent rassembler leur force pour vivre la fraternité et la diaconie. On passe du label « Diaconia » à la « diaconie », vraie dimension d’Evangile, du ministère de l’évêque et de tous ses collaborateurs pour être attentif aux plus petits. Avec l’acquis qu’il ne s’agit pas seulement « d’être attentif à » mais de veiller à ce que, là où la parole a pu être prise par les plus petits, elle ne s’éteigne pas. On verra prochainement des temps diocésains où la diaconie sera centrale. C’est d’autant plus urgent que le rapport du Secours catholique, paru la semaine dernière, rappelle, malheureusement, que beaucoup de personnes sont en attente d’une vraie diaconie.
 

Abordé volontairement en amont des élections, l’Europe a été un sujet central. Pourquoi ?

Je crois que, pastoralement, il est très important d’écouter la colère de ceux dont l’inquiétude est exacerbée par le manque d’horizon et qui font de l’Europe un bouc émissaire. Il ne faut surtout pas justifier mais comprendre. On n’avancera pas dans une conscience européenne aujourd’hui sans tenir compte du fait qu’existent des blessures vives, que certains, à tort ou à raison, imputent à l’Europe. Un discernement est à mener. Ce doit être l’occasion pour l’Europe de faire des ajustements : qu’elle soit plus humaine, plus proche, moins technocratique. Alors seulement peut-on être promoteur d’une Europe et d’une culture d’Europe qui a toute sa raison d’être. On n’est donc plus un « euro naïf », mais quelqu’un qui veut construire l’Europe avec la même lucidité que les pionniers. Des visionnaires ! Sortant de l’horreur de la guerre, ils avaient toutes les raisons de ne pas y croire. Il faut quelque chose d’un retour aux sources pour redonner une âme à l’Europe. Mais pour nous nous qui croyons à une éthique sociale et familiale, une défense de valeurs, il ne faut pas que l’Europe soit celle qui formate et nivelle par le bas. Sylvie Goulard, indépendamment de son étiquette politique, est venue témoigner de son action parlementaire. C’est aussi quelqu’un d’engagé pour une Europe sociale. Elle a fait une présentation très lucide de l’Europe, rappelant ses limites et tout son potentiel… Elle a dit à quel point l’Eglise est attendue dans la relation avec l’Europe. La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) et le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) ont un rôle à jouer. La députée européenne a aussi, je pense, donné quelques bons arguments pour expliquer que si l’on ne vivait pas l’Europe, ce serait une régression terrible.
 

Autre signe d’ouverture, l’attention aux Chrétiens d’Orient. Quel est message de l’épiscopat ?

Le Directeur de l’œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, a fait aux évêques une très belle synthèse de la situation, hélas, souvent inextricable. Si les évêques ont pris le temps de comprendre, tout baptisé doit faire de même. Deuxième chose, il faut soutenir les Chrétiens d’Orient mais pas comme s’ils étaient des Occidentaux. Il faut vraiment redire qu’ils sont chez eux en Orient, berceau historique de la foi. C’est un honneur de les aider car nous avons une dette envers eux. Dans les régions du monde où ils se trouvent, leur contribution à la culture, à la société, à l’économie est extrêmement importante. Beaucoup de musulmans la désirent, comme Mgr Gollnisch l’a redit. Si l’on défend cela, cela ne résoudra pas le côté enflammé du conflit en Syrie, mais cela peut, au moins, atténuer la situation des Chrétiens qui vivent dans les pays voisins. Il faut se préoccuper de l’ensemble des Chrétiens d’Orient pour avoir une vision juste dans l’aide à leur apporter. En France, des communautés sont présentes, d’où des liens et des actions à intensifier à l’approche de Noël.
 

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