Témoignage de Sœur Anne-Marie Curtil de la Congrégation des Sœurs de Sainte Clotilde

Pour la Journée de la vie consacrée, Sœur Anne-Marie Curtil de la Congrégation des Sœurs de Sainte Clotilde a tenu à témoigner de son engagement dans la vie religieuse.

Anne-Marie Curtil

Pouvez-vous résumer l’essentiel de votre engagement dans la vie religieuse ?

Le 25 mars 1957 j’ai fait mes premiers vœux dans la Congrégation des Sœurs de Sainte Clotilde : suivre le Christ et vivre selon les conseils évangéliques. Engagée dans l’Éducation et l’Enseignement, j’ai été attirée par la spiritualité de proximité des sœurs, par la mission commune de cette famille religieuse née en 1821.

Qu’est-ce qui a déterminé votre choix ?

Fondée en 1821, la Congrégation de Sainte Clotilde, a pour objectif la re-christianisation de la France après la Révolution par l’ouverture d’un pensionnat. Dans notre œuvre commune, j’ai donc été proche d’élèves dans l’enseignement, la catéchèse, l’éducation, envoyée dans des communautés en France ou en Angleterre, retrouvant toujours le même moyen d’action : se faire proche des personnes, annoncer Jésus-Christ dans une formation à l’ouverture des cultures, dans une société en constante évolution.

Aujourd’hui vous n’avez plus l’âge d’enseigner, d’avoir des activités avec les jeunes, d’assurer des engagements professionnels toujours en évolution, comment vivez-vous votre vie religieuse ?

C’est l’attitude fondamentale qui est première. Aujourd’hui, c’est le même tumulte du monde. Le charisme a formaté ma façon d’être, et la proximité reste le moteur de ma réponse à l’évangélisation de notre époque. Quand j’ai pris ma retraite d’enseignante j’ai dit à ma supérieure générale que je souhaitais « évangéliser par Internet ». Ce projet, réalisation ambitieuse et étrangère à mes capacités, a permis tout de même des enrichissements pour le service des autres.

De plus, une nouvelle culture du vivre ensemble en inter congrégation a été possible dans des locaux de ma Maison Mère. Quatre congrégations, y vivent une réelle vie communautaire.  Nous sommes vingt-trois sœurs. Chaque jour, la vie religieuse est toujours possible, car elle s’adapte. Elle se crée, s’enrichit, s’entrecroise au service du Christ et de l’Église. Aujourd’hui, nous restons disponibles, engagées dans un « vivre avec » de proximité, dans des Associations ou des services paroissiaux, et le soir la prière des vêpres nous rassemble ; elle nous permet de prier plus particulièrement pour tous ceux que nous avons croisés.

Et vous personnellement, comment vivez-vous vos engagements aujourd’hui ?

Aujourd’hui, chaque matin, ma première prière est celle de Saint Ignace : « Prends Seigneur et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai et tout ce que je possède, c’est Toi qui me l’as donné. Tout cela, Seigneur, je Te le rends. Tout est à Toi, disposes-en selon Ton entière volonté. Donne-moi seulement de t’aimer, donne-moi cette grâce, elle seule me suffit. »

Aujourd’hui, l’Eucharistie quotidienne est le centre de ma vie, offrande et nourriture, c’est la grâce la plus riche que je reçois chaque jour. Je suis aussi disponible dans l’équipe de la Communication de la Conférence des évêques de France, pour les services que je peux encore faire : répondre à du courrier, traduire quelques textes, aider à la sacristie, me tenir au courant des joies et des soucis de l’Église. La proximité, même si elle est concrète, prend un autre visage, celui de porter l’Église dans la prière, de partager les soucis des uns et des autres, de m’intéresser discrètement au travail et aux compétences de chacun de ceux que je croise au quotidien. Rendre service, avec des biens plus jeunes que moi, me donne un pouvoir de rajeunissement. J’admire les compétences, et si les réseaux sociaux sont des langues étrangères pour moi, j’admire les analyses subtiles, les synthèses qui font réfléchir et avancer.

Aujourd’hui et demain, je continue de vivre l’attitude fondamentale d’adoration, héritage du charisme de ma fondatrice, dans mes relations avec les autres et la prière.

PRÉCISIONS HISTORIQUES

Après avoir traversé la période révolutionnaire de la fin du 18° siècle, Antoinette Aubry Desfontaines a fondé en 1821, la Congrégation des Sœurs de Sainte Clotilde. Religieuse adoratrice de Sainte Aure, emprisonnée avec ses sœurs à la prison de Port Royal, échappée de la tourmente par la chute de Robespierre, y compris celle de mourir sur l’échafaud, elle répond à un nouvel appel de Dieu. « Vous avez adoré le christ dans le silence du cloître… adorez-le dans le Tumulte du monde. »

Le charisme de la nouvelle congrégation soutient un projet au service de l’éducation : elle ouvre avec d’autres sœurs un pensionnat pour vivre une forme particulière d’engagement religieux sans clôture. Les sœurs ont vécu ce « vivre avec » poussé à l’extrême, originalité inhabituelle à l’époque, qui consistait en un partage radical de vie : pas de costume religieux, pas de cellule, tout en commun. Spiritualité d’Incarnation, Jésus s’est fait homme : prière avec les élèves, partage fraternel de la vie quotidienne, souci d’éducation pour restaurer la foi dans les familles perturbées par la Révolution, offrande de nos vies.

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