Histoire de la Bible

terre sainte - Tabgha - Israël

Les textes les plus anciens ne sont pas ceux du livre de la Genèse. Les savants s’accordent aujourd’hui à reconnaître que ce sont des parties du livre du prophète Amos, vers 750 av. J.-C., le reste du livre ayant été réécrit et complété au cours des siècles (les sociétés antiques n’ont absolument pas notre idée de « propriété littéraire »). Quand au livre le plus récent de l’Ancien Testament (non repris dans la Bible juive) il s’agit du livre de la Sagesse, écrit à Alexandrie, en Égypte, à la fin du 1er siècle avant notre ère.

Les textes les plus anciens du Nouveau Testament sont les lettres de Paul (à partir de l’an 50). Le plus récent est l’Apocalypse (vers l’année 100). Ils sont rédigés en Judée, en Syrie, en Grèce, en Asie Mineure… Divers, ils portent la marque des débats qui animent les chrétiens à la fin du 1er siècle. Tous proclament que le Christ est ressuscité mais chaque communauté interprète de façon particulière ce qui est le cœur de la foi chrétienne.

Voici une chronologie de l’histoire des livres bibliques articulée sur une chronologie de l’histoire du peuple d’Israël. Bien évidemment, plus on remonte dans le temps, plus il est difficile d’avoir de certitudes historiques.
 

Vers les origines (avant 1200)

À une époque indéterminée du 2e millénaire av. J.-C., le « patriarche » Abraham est arrivé en Canaan avec son clan araméen. Plus tard, sans doute au 12e siècle av. J.-C., émerge un personnage important, Moïse, qui a guidé un exode d’Hébreux hors d’Égypte.

Bilan de cette période : quelle est l’historicité des patriarches, tels Abraham, Isaac et Jacob, ou de l’exode hors d’Égypte ? Aucun témoignage extérieur – égyptien ou mésopotamien – n’est venu les confirmer. Sans nier les faits, il faut souligner que les récits actuels, datés du 6e ou 5e siècle av. J.-C., ont moins pour intention « d’informer » le peuple d’Israël sur ce qui s’est réellement passé que de « former », dans un style grandiose, sa conscience religieuse de peuple choisi par YaHWeH (= le Seigneur) malgré sa petitesse.
 

De Canaan ( ~1200 ?) à Babylone (587)

~ 1200
Les Hébreux, organisés en une douzaine de tribus dirigées par des « juges », occupent la montagne centrale du pays de Canaan.
C’est peut-être dans les sanctuaires que se trouve l’origine des récits bibliques. C’est peut-être là qu’on a commencé à composer des hymnes et des récits sur les ancêtres : par exemple, il se pourrait qu’à Beersheva ou à Hébron, on évoque Abraham, et qu’à Béthel ou à Sichem, on évoque Jacob…

~ 1000
Après Saül, David, soutenu par le juge Samuel, est proclamé roi.
Avec l’institution de la monarchie, des scribes auraient peut-être rédigé, comme on le voit ailleurs dans le Proche-Orient, des chroniques sur les juges, sur Saül et sur David ?

– 970
Salomon succède à son père David. La Bible lui attribue la construction d’un Temple en l’honneur de YaHWeH (= le Seigneur).
Les savants discutent pour savoir si on a commencé à recueillir, dès cette époque, des traditions orales sur les temps fondateurs disséminées dans les sanctuaires. Aurait-on également commencé à éditer des textes législatifs ? À composer des anthologies de psaumes ?

– 930
Rupture politique entre le royaume du Nord (= Israël : la dernière capitale en sera Samarie) et le royaume du Sud (= Juda, la capitale en est Jérusalem).

~ 850
En Israël, apparaissent les prophètes Élie et Élisée, critiques du pouvoir royal. Puis, un siècle plus tard, les prophètes Osée et Amos.
Amos et Osée seraient les premiers à avoir mis par écrit certains de leurs oracles, complétés plus tard par des disciples. Par ailleurs, au 9e et 8e siècle av. J.-C., des scribes rédigent sans doute, à la manière des cours princières du Proche-Orient, des Annales sur les règnes des rois de Juda et d’Israël (aujourd’hui perdues). Peut-être se livre-t-on également à une révision des textes législatifs et à la mise en forme de récits sur les ancêtres ?

– 721
La ville de Samarie est assiégée et prise par les Assyriens : c’est la fin du royaume d’Israël. Des Juifs sont déportés en Assyrie, en particulier à Ninive. Dans le royaume de Juda, soumis à la menace assyrienne, le prophète Isaïe (vers 730) tout à la fois dénonce, critique et ravive l’espoir des habitants de Jérusalem. Sous le roi Ézéchias (vers 716-687), il y aurait eu une importante activité éditoriale.

– 622
Dans le royaume de Juda, le roi Josias se livre à une grande réforme religieuse. Le prophète Jérémie s’opposera à ses successeurs, moins religieux que lui.
Après 721, des scribes de Samarie s’étaient réfugiés à Jérusalem. L’un de leurs écrits – qui pourrait être la base du livre du Deutéronome – est peut-être à l’origine de la réforme de Josias. Dans l’esprit de ce mouvement réformateur dit « deutéronomique », des scribes de Jérusalem se livrent à une vaste relecture de l’histoire d’Israël. D’autres actualisent les anciens textes législatifs. Sans doute aussi compose-t-on de nouveaux psaumes…

– 587
Les Babyloniens, nouveaux maîtres du Proche-Orient, assiègent et prennent Jérusalem puis incendient le Temple. C’est la fin du royaume de Juda. Les élites sont exilées à Babylone et dans les environs. D’autres fuient en Égypte.
C’est en Babylonie que naissent les synagogues, rassemblement pour lire et méditer les œuvres anciennes. C’est aussi à cette période que se lève un nouveau prophète parmi les exilés : le prêtre Ezéchiel. En exil d’ailleurs, des prêtres commencent à écrire à leur tour une histoire d’Israël depuis les origines (tradition dite « sacerdotale ») alors que des scribes laïcs reprennent et continuent la réflexion de la tradition « deutéronomique ». Un prophète qui est passé à la postérité sous le nom de « second Isaïe » lance des oracles d’espérance.

Bilan de cette période : la fin de la royauté et l’exil à Babylone est le moment où l’on prend conscience qu’une période de l’Alliance entre YaHWeH (le Seigneur) et Israël s’achève, une période qui a produit des lois et des récits que l’on lit et relit. Ces lois et ces récits mis en forme par les traditions « deutéronomique » et « sacerdotale » vont servir désormais de références, de modèles afin de mieux vivre la période nouvelle qui s’ouvre, pleine d’espoir, et vers laquelle le « second Isaïe » invite à regarder.
 

Sous la domination perse (de 538 à ~330)

– 538
Le roi perse Cyrus investit la ville de Babylone et autorise le retour des Juifs à Jérusalem, désormais capitale de la région de Judée administrée par les Perses. Certains Juifs préfèrent rester à Babylone.

– 520
À l’appel des prophètes Aggée et Zacharie, le Temple de Jérusalem est reconstruit.
Dans le pays retrouvé, prêtres et laïcs arrivent à une synthèse des traditions historiques « deutéronomique » et « sacerdotale ». Au cours du 5e et du 4e siècle av. J.-C., la quête de la sagesse produit des œuvres poétiques, graves ou légères : Job, Cantique des cantiques, Ruth. Pour le culte au Temple, on compose de nouveaux psaumes.

~ 400
D’après la tradition, le scribe Esdras est chargé (par le pouvoir perse ?) de fixer la « Torah » juive. C’est à partir de ce moment que la Torah (= Loi) prend la forme de 5 livres et est considérée comme le cœur de la foi juive et de l’obéissance à YaHWeH (= le Seigneur), Dieu unique.

Bilan de cette période : à partir de la fixation de la Torah, il n’y aura plus de réécritures des temps fondateurs de l’Alliance, mais des traductions et des commentaires (ce sont les « targoums » rédigés en araméen, langue du peuple). On médite la période royale et celle de l’exil : ainsi les Chroniques sont une relecture des livres des Rois. Les écrits des prophètes (anciens ou récents) sont reçus comme les meilleurs commentaires de la Torah pour obéir à Dieu et vivre dans l’Alliance. Encouragée par les psaumes et les écrits des sages, la liturgie dans les synagogues fait le lien entre la vie et les Écritures saintes.
 

Sous la domination grecque (de ~330 à 63 av. J.-C.)

– 320
Les successeurs d’Alexandre le Grand se disputent son empire. Les Lagides (descendants du général Lagos) gouvernent la Judée. En Égypte, les colonies juives prospèrent.
Vers 250, à Alexandrie en Égypte, la Torah est traduite en grec (= la Septante). Des écrivains composent les romans de Tobie ou d’Esther. Un sage publie le livre de Qohélet (appelé par la suite Ecclésiaste).

– 200
Les Séleucides (descendants du général Séleucos) arrachent la Judée au Lagides. Le monarque Antiochus IV Épiphane impose la culture et la religion grecque et provoque ainsi la révolte des Maccabées (167-164). Celle-ci débouche sur un essai d’autonomie politique avec la dynastie des Asmonéens.
La réflexion sur l’identité du peuple juif s’approfondit avec les livres des Maccabées, de Judith ou du Siracide. Apparaît un nouveau mouvement de pensée, déjà présent dans les écrits d’Isaïe et Ézéchiel : l’apocalyptique (= la révélation du dessein de Dieu pour son peuple). Centré sur l’espérance au milieu des épreuves, il est très présent dans le livre de Daniel.

– 63
Le général Pompée pénètre dans Jérusalem et installe une domination romaine.

Bilan de cette période : la littérature apocalyptique redonne espoir dans les temps présents du malheur. En s’appuyant sur les grandes figures du passé (Énoch, Moïse, Élie, Esdras etc.) elle « révèle » la fin des temps. Son langage énigmatique et son imaginaire foisonnant disent l’extraordinaire du salut de Dieu, juge de l’Histoire. Les Bibles juive et chrétienne ont gardé peu d’exemples de cette littérature juive ancienne, mais on en a trouvé à Qoumrân (2e siècle av. J.-C. – 1er siècle ap. J.-C.). Pour les chrétiens, la résurrection de Jésus inaugurera « les derniers temps ».
 

Sous l’Empire romain (de -63 à +135 ap. J.-C.)

– 34
Soutenu par les Romains, Hérode le Grand se révèle à la fois tyran sanguinaire et grand bâtisseur : on lui doit les travaux de restauration du Temple. Dans les années qui suivent, les mouvements religieux foisonnent : pharisiens, sadducéens, esséniens, baptistes, zélotes…

+ 30 (ou 33)
Crucifixion de Jésus, suivie de « l’évangile » (la Bonne nouvelle) de sa Résurrection. C’est le début de l’Église qui, au départ, est un mouvement interne au judaïsme.

+ 70
Lors de la première révolte juive contre le pouvoir romain, Jérusalem et le Temple sont incendiés par le général Titus. Sous l’influence du mouvement pharisien, le judaïsme se réorganise, alors que le christianisme se répand sur le pourtour de la Méditerranée.
Les premiers écrits chrétiens sont les Lettres de St Paul (50 – 65 ?), suivies des récits sur Jésus, les Évangiles (Marc ~ 70, Luc ~ 80, Matthieu ~ 85 et les Actes des Apôtres (~ 80). L’œuvre attribuée à Jean (évangile, lettres, Apocalypse) est complexe, due à des divers auteurs et s’échelonne sur plusieurs années autour de l’an 100.

+ 135
Une seconde révolte juive est écrasée par l’empereur Hadrien. Jérusalem perd son nom et devient Aelia Capitolina.
Du côté juif, au 2e siècle, les rabbins officialisent une liste de 24 livres en 3 recueils : Torah (= Loi), Neviim (= Prophètes), Ketouvim (= Écrits). Les textes hébreux continuent d’être traduits et commentées non seulement en araméen (les « targoums ») mais en grec. Puis le grec sera abandonné. À partir du 5e siècle, des rabbins, réfugiés pour la plupart en Galilée, fixent le texte hébreu et compilent, en araméen, les commentaires anciens dans le Talmud.
Du côté chrétien, avant 200, les Églises ont à peu près fixé, en grec, la liste de leurs Saintes Écritures divisées en deux parties : « Ancien » (ou Premier) et « Nouveau » Testaments. Pour l’Ancien Testament, ils s’inspirent de la Septante. Suivent des traductions en syriaque, copte, arménien, latin etc., des commentaires des Pères de l’Église et une floraison de légendes ou d’écrits ésotériques (les « apocryphes » = à cacher, à lire avec précaution).

Bilan de cette période : Les difficultés d’interprétation religieuse ont fait l’objet de débats à la fois chez les Juifs et chez les chrétiens.
Les discussions orales entre savants juifs, les rabbins, ont été rassemblées dans cet ouvrage imposant, trésor de la culture juive, le Talmud (d’un mot hébreu qui signifie « étude » ou « enseignement ») qui existe sous deux formes : le Talmud de Jérusalem (fin du 4e siècle) et le Talmud de Babylone (6e siècle).
Les discussions entre savants chrétiens sont éparpillées dans les homélies et commentaires des Pères de l’Église (théologiens du 2e au 6e siècle environ), dans les conciles, dans les œuvres des poètes… Beaucoup de légendes pieuses rapportées dans les écrits « apocryphes » (à partir du 2e siècle) développent des situations ou des personnages sur lesquels la Bible ne dit rien ou si peu : ainsi l’enfance de Jésus, celle de Marie sa mère ou encore sur les voyages de St Pierre et sa mort à Rome… Il faut les lire avec un recul critique, même s’ils ont influencé la liturgie et les arts.
 

Source : bible-service.net

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